Le redoublement: un mal nécessaire? (1)

Publié le par MasterKevin

      Exceptionnellement, un titre sobre et sérieux, histoire de poser les bases d'un débat rigoureux sur un sujet sensible.

 

    Dans la famille « sujet à polémique et que vas-y que j’ai forcément un avis sur la question même que j’y connais que dalle » je demande l’Éducation Nationale. L’instruction, l’avenir de nos chères petites têtes blondes, est un thème qui déchire nos concitoyens depuis belle lurette. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir un politicien ambitieux participer au débat en jetant de temps en temps un pavé dans la mare, alors que cette dernière n’a bien souvent rien demandé à personne, et encore moins au susnommé politicien.

 

Bref, force est de constater qu’un certain nombre de personnes dans ce pays s’intéresse à ce que mes pairs et moi foutons avec vos gosses à raison de six heures par jour et de quatre jours par semaine. C’est vrai que la question se pose.

 


Dans cette belle maison qui est la mienne, l’un des thèmes qui fait jaser depuis un moment c’est l’utilité du redoublement. En dehors de l’argument financier, d’un point de vue pédagogique, est-ce vraiment utile de faire redoubler un élève ?

 

Étant moi-même un brillant acteur de la communauté éducative, doté de plus d’une éthique irréprochable (confère  Paillettes, éthique et Marty MacFly (suite) ) ; j’ai décidé d’apporter ma pierre à l’édifice et de sauver mon bon ministre en tranchant une fois pour toute cette épineuse question. Non, non, de rien, c’est pour moi, ça fait plaisir.

 

 

Pour les poissons rouges, petit rappel de la question : est-il utile de faire redoubler un élève à l’école élémentaire ?

Je ne tournerai pas autour du pot, ma réponse est : jamais, au grand jamais ! Ma grande expérience du milieu éducatif me permet de l’affirmer sans même réfléchir (oui, je sais, c’est toujours risqué).

 

 

Évidemment, vous m’auriez demandé ça il y a quelques années, je vous aurais répondu avec une certaine candeur:

Moi (il y a quelques années donc) : − mais oui, ça peut être utile, on ne peut pas laisser passer un gosse qui n’a pas les bases. C’est une chance le redoublement, par contre il faut bien l’expliquer au môme…

 

Nan mais quel crétin ! Quel tissu de ramassis d’amoncellement de conneries ! On raconte vraiment n’importe quoi quand on débute et qu’on est vierge de toute kevinade.

 

  school by holiveira

 

 

Voici donc mon argumentation, imparable et néanmoins brillante, pour démontrer que faire redoubler, c’est mal ! Cette démonstration en 5 points s’effectue avec l’aimable participation de Kevin.

 


Argument n°1 : si je fais redoubler Kevin, ben… J’aurai encore Kevin l’année prochaine. Ben oui. Rien que ça, ça fait réfléchir.

Faire redoubler, c’est mal !

 


Argument n°2 : si je fais redoubler Kevin, il se retrouve avec de sales gamins plus jeunes qui se foutent de sa gueule quand ils ont de meilleures notes sur des trucs que lui a déjà faits.

Il ne se fait donc pas de copains, ce qui est dommage parce que ses amis justement sont partis dans la classe au-dessus, et qu’ils ne sont pas du genre à causer avec les petits de la classe d’en dessous. Tout le monde suit ?

Du coup Kevin s’isole, il sombre dans la dépression et quelques temps plus tard il tente de se trancher les veines avec ses cartes de catch (car les catcheurs sont ses seuls vrais amis). Je n’ai pas les épaules pour supporter ça !

Faire redoubler, c’est mal !

 


Argument n°3 : si je fais redoubler Kevin, rien ne me prouve que ça va servir à quelque chose quant à son niveau scolaire. Un Kevin reste un Kevin. Je risque d'être moins présent pour aider le reste de la classe. D'autant que chaque nouveau cru amène son lot de nouveaux Kevin, il y a risque de saturation.

Faire redoubler, c’est mal !

 


Argument n°4 : si je fais redoubler Kevin, c’est la loose pour le boulot. Il serait foutu de comprendre que ça fait vingt ans que je ressors la même poésie à la rentrée. Certains me diront peut-être qu’il s’agit de Kevin, et que de ce fait il y a statistiquement peu de chances qu’il se souvienne de ce qui a été fait l’année précédente ni même de comment je m’appelle (et ils auraient probablement raison). Mais le risque existe et je suis quelqu’un de raisonnable.

Faire redoubler, c’est mal !

 

Argument n°5 : si je fais redoubler Kevin à un moment t   de sa scolarité, j’augmente de manière exponentielle le risque d’incident grave en Cm2. Ce risque a un nom mesdames et messieurs, ça s’appelle la puberté ! Farpaitement, la puberté...

 

 

 

Et comme tu n'es pas idiot cher lecteur, tu auras compris qu'une nouvelle fois ce post est en deux parties. Demain, tu sauras par une inoubliable kevinade en quoi la puberté et le redoublement sont liés... Alors à demain, et n'oublie pas que toi aussi tu peux donner ton avis sur ce houleux débat dans la partie commentaires.

Publié dans Débats

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Sandra 04/11/2010 21:17



Effectivement cela demande réflexion ! Il faut dire que ça se défend !!!



Kevin 04/11/2010 22:07



Question de bon sens!